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Bourse des PME et ETI : le marché se montre dubitatif

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Le projet de Bourse des PME de NYSE Euronext devrait voir le jour le 23 mai. Cette annonce, qui fait suite aux promesses de François Hollande en faveur des entreprises, est accueillie fraîchement par certains acteurs de la place parisienne, qui déplorent un manque de concertation.

Le projet de Bourse des PME et ETI de NYSE Euronext devrait voir le jour le 23 mai.

Le projet de Bourse des PME et ETI de NYSE Euronext devrait voir le jour le 23 mai.


NYSE Euronext a annoncé cette semaine le lancement officiel le 23 mai de sa Bourse dédiée aux PME et aux ETI. " Face aux défis du financement des PME-ETI, NYSE Euronext a décidé d'agir et de proposer à la place financière européenne un projet très ambitieux ", indique l'opérateur boursier dans un communiqué. La veille, le président François Hollande avait présenté une série de mesures en faveur des entreprises et de entrepreneuriat lors des Assises de entrepreneuriat. " Ce projet, élaboré avec le concours de la Place, est un élément clé dans le dispositif de financement dynamique conçu pour les PME-ETI ", note NYSE Euronext dans un communiqué.

Un outil adapté aux PME ?

La bourse aux PME prendra donc la forme d'une filiale qui couvrira les compartiments actuels B et C du marché réglementé de NYSE Euronext et NYSE Alternext dans chacun des pays d'Europe où le groupe opère. Cette filiale devrait octroyer des réductions tarifaires incitatives, dont une réduction de 10% sur les frais d'introduction en bourse et de 50% sur les frais de transfert du marché réglementé vers NYSE Alternext. NYSE Euronext s'engage par ailleurs à augmenter " significativement " les moyens qu'il consacre aux PME-ETI en portant ceux-ci à 18 millions d'euros annuels, dont une partie sera directement affectée à la filiale dès sa création.

Concernant la gouvernance, l'opérateur précise qu'un directeur général recruté en interne sera placé à la tête de cette filiale. Elle sera dotée d'une gouvernance ouverte, avec un conseil d'administration composé de 15 membres.

Mais certains acteurs du marché regrettent un projet " a minima ". Caroline Weber, la directrice générale de Middlenext, évoque un " vrai gâchis ". " Ca ne correspond absolument pas à ce dont les PME ont besoin. Pour l'instant, nous sommes dans la cosmétique ", déplore-t-elle. " Ca n'a rien d'un projet entrepreneurial, c'est une opération de communication ", ajoute-t-elle.

Caroline Weber regrette notamment que le projet soit pratiquement inchangé par rapport à ce qui avait été annoncé en décembre dernier, notamment en ce qui concerne le montant de l'enveloppe allouée à la filiale dédiée aux PME et ETI. " Nous voulions une vraie concertation par rapport aux entreprises. Or, ce projet a été annoncé sans concertation, et sans tenir compte des conclusions du comité stratégique ", ajoute Caroline Weber. " Aujourd'hui, je ne comprends pas pourquoi on ne se donne pas les moyens de créer quelque chose qui fonctionne, alors qu'il y a une vraie demande de la place parisienne. "

Selon une source du ministère de l'Économie et des Finances citée par Le Figaro, les discussions devraient se poursuivre jusqu'au 23 mai.