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IPO : la France à la traîne malgré un cadre juridique propice

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Le marché des IPO affiche une forte hausse en Europe depuis le début de l'année, mais la France ne bénéficie pas de cette tendance. Ce, malgré un cadre juridique favorable et un intérêt des petits porteurs.

CARTE-EUROPE

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L'année 2013 pourrait marquer le retour des IPO domestiques en Europe selon l'étude " IPO Watch Europe " de PwC. L'activité a progressé de 40% au premier trimestre 2013, passant de 2,3 à 3,2 milliards d'euros.

Une année de reprise en Europe

Ces dernières années, les fonds d'investissement privés considéraient les introductions en bourse comme un débouché possible pour leurs investissements, mais les conditions de marché variables et le pessimisme des investisseurs les en avaient dissuadés, note PwC. La réussite de ces opérations financées par des capitaux privés devrait grandement contribuer à un regain de confiance et au réajustement des attentes des autres acteurs du secteur, anticipe le cabinet d'audit.

" Si le contexte de marché persiste, les bourses européennes semblent bien parties pour connaître une année de reprise, avec une belle série d'entreprises qui entrent sur le marché ", analyse Philippe Kubisa, associé marchés de capitaux de PwC.

La France, de son côté, ne profite pas pour l'heure du dynamisme du marché européen des IPO. Les opérations les plus importantes depuis le début de l'année se sont en effet déroulées à l'étranger, à l'instar de EG Immobilien en Allemagne, ou encore Esure et Countrywide au Royaume-Uni.

Lire IPO Watch Europe Survey Q1 2013 (en anglais), paru en avril 2013

La France pénalisée par une économie atone

Selon Cédric Chaboud, responsable des investissements au sein de la SPGP (Société Privée de Gestion de Patrimoine), sur environ 200 IPO attendues en Europe cette année, moins de dix opérations pourraient concerner la France. Une tendance qui s'explique avant tout selon lui par l'atonie de l'activité économique. " La reprise des IPO sur des marchés comme le Royaume-Uni, ou même les Etats-Unis, est avant tout le reflet de la reprise de l'économie dans ces pays, ce qui n'est pas le cas en France ", juge-t-il.

Il voit pourtant un réel appétit des investisseurs. " En France, nous avons un très bel outil, qui est le PEA, et qui fait que les petits porteurs sont participatifs par nature. Grâce à ce cadre juridique favorable, les introductions ont souvent de bons taux de participation, on constate a un véritable appétit ", explique-t-il. " Par ailleurs, il y a tellement peu de projets de croissance et de nouveaux investissements aujourd'hui en France que toute nouvelle opération a de grandes chances d'avoir un retour positif ", ajoute-t-il. Cédric Chaboud recommande toutefois aux PME qui souhaitent procéder à une introduction en bourse d'observer une certaine prudence dans le contexte actuel. " Il serait probablement risqué de se lancer alors que la situation chypriote continue à agiter les marchés. Il semble plus opportun d'attendre que les choses aient le temps de se normaliser ", ajoute-t-il.