Mon compte Devenir membre Newsletters

Assouplissement des règles de Bâle III : vers une détente sur le marché du crédit ?

Publié le par

Le Comité de Bâle a proposé le 6 janvier d'étaler sur quatre ans la mise en application de son nouveau ratio de liquidité à court terme, ou liquidity coverage ratio, qui doit permettre aux établissements bancaires de faire face à une période de crise aiguë pendant 30 jours.

Ce ratio devait initialement entrer en vigueur début 2015, mais les banques ne devront réunir à cette date que 60% des montants requis. Le matelas de liquidités pourra ensuite être augmenté à hauteur de 10 % par an pour atteindre 100 % en janvier 2019.

De plus, le Comité a élargi la définition du ratio de liquidité à court terme. La base d'actifs qui entreront en compte inclut désormais des obligations, des actions ainsi que certains types d'emprunts hypothécaires. Dans la définition initiale, les actifs requis étaient plus limités, et comprenaient essentiellement les liquidités et les emprunts d'Etat.

 « Les banques ont finalement eu gain de cause »

La Fédération bancaire française (FBF) s'est félicitée de la décision du Comité de Bâle. « La version initiale du ratio de liquidité publiée en décembre 2010 était en effet inadaptée, comme l'avait indiqué un grand nombre d'acteurs économiques », a précisé la Fédération. « Les modifications, dont l'impact doit être maintenant mesuré avec précision, sont positives. Elles devraient permettre aux banques de se conformer à ce nouveau ratio dans de meilleures conditions, et donc d'être moins contraintes dans leur capacité à faire des crédits à leurs clients ».

« Après la fronde des Etats-unis et les efforts intenses de lobbying des banques européennes, en particulier françaises, les banques ont finalement eu gain de cause sur le ratio de liquidité à 30 jours », remarque Eric Vernhes, associé du cabinet de conseil Aurexia.

« L’assiette d’actifs liquides qui constitue la réserve de liquidité a été élargie, notamment aux prêts immobiliers titrisés ce qui va encore renforcer l’intérêt des programmes de titrisation, ajoute-t-il. « Une récente étude de JP Morgan indique que la majorité des établissements français respecterait le ratio LCR avec les nouvelles règles. Une détente sur le marché du crédit aux particuliers et aux entreprises est donc prévisible et va permettre aux établissements financiers de jouer à nouveau pleinement le rôle de financement de l’économie. »