En ce moment En ce moment

Bilans : ce qu’analyse un banquier ou un investisseur

Publié par le | Mis à jour le

En mai-juin, les entreprises qui clôturent au 31 décembre publient leurs comptes, et les transmettent à leurs banquiers et à leurs investisseurs. Comment ces professionnels analysent-ils les comptes des entreprises ?

  • Imprimer

Un bilan peut se lire de deux manières.

> Lecture descriptive et lecture financière

La lecture descriptive permet d’apprécier la situation financière de l’entreprise. Quels sont les soldes de compte, le chiffre d’affaires, la trésorerie, les créances, les dettes ? Le banquier et l’investisseur vont avoir les réponses à des questions du type : « Où est la trésorerie, à l’actif ou au passif ? Y a-t-il des emprunts ? Quel est le niveau des fonds propres ? Y a-t-il des provisions pour risques ? L’entreprise a-t-elle des participations financières ? »

La lecture financière est davantage analytique. Le raisonnement s’effectue par masse et par cycle. Le financier va isoler de grands « blocs » au sein du bilan, par exemple l’actif immobilisé, l’actif circulant (stocks, créances clients), la trésorerie. Au passif il va étudier le haut de bilan (les capitaux propres + les dettes à long terme) et le bas de bilan (dettes à court terme). Sur cette base, il fera facilement ressortir si ces grandes masses s’équilibrent ou pas. Il va apporter une attention toute particulière au fonds de roulement (capitaux propres moins actif immobilisé), qui permet de vérifier que les immobilisations ont bien été financées par des capitaux permanents (dont les emprunts). La logique est que les biens qui servent à l’entreprise à long terme soient financés par des financements également à long terme.

Il vérifiera le besoin en fonds de roulement (actif circulant moins dettes circulantes), véritable nerf de la guerre au sein de toutes les entreprises.

> Ce que regarde un banquier

Les deux axes majeurs pour un banquier sont l’analyse des liquidités, pour évaluer la solvabilité et la trésorerie, et l’appréciation de la structure financière. Il va s’attacher à l’équilibre financier à l’aide des fondamentaux : le fonds de roulement et le financement de l’investissement, le besoin en fonds de roulement et la trésorerie. Lorsqu’il ne finance pas lui-même le BFR, il va se poser la question de savoir comment celui-ci est couvert. Son objectif : identifier l’aptitude de l’entreprise à rembourser un emprunt, ou à recouvrir un découvert bancaire dans un délai relativement correct.

Le banquier retient généralement une méthode de scoring comportant une batterie de ratios qu’il considère adaptés à l’entreprise.

> Ce que regarde un investisseur

S’il étudie également de façon descriptive et financière les comptes, s’il s’intéresse également aux masses du bilan, l’essentiel pour lui est d’avoir une vue globale de la santé de l’entreprise et, en tant qu’apporteur de capitaux, il s’attache surtout au retour sur investissement.

L’investisseur va se faire une idée du potentiel de l’entreprise, du risque, et va le rapprocher de son propre risque à investir.

Il va mettre en évidence, à titre d’exemple :

- la rentabilité : résultat d’exploitation / chiffre d’affaires – EBE / chiffre d’affaires,

- la rentabilité financière : résultat net / fonds propres. Plus ce ratio sera élevé, plus il séduira un investisseur,

- la structure financière : capitaux propres / capitaux permanents.

En résumé, un investisseur aura une approche qui se recoupe avec celle du banquier, mais là où le banquier regarde les grandes masses, l’investisseur aura une approche plus dynamique et s’attachera davantage à la cohérence entre l’activité et les comptes.

no pic

Christine RAFFRAY

Expert-Comptable

Christine Raffray est expert-comptable diplômée, directrice de missions d’expertise, de conseil et d’audit au sein de GMBA Baker Tilly depuis 2008. Forte [...]...

Voir la fiche

Sur le même sujet

Le marché de l'EuroPP toujours promis à un bel avenir
Trésorerie
Le marché de l'EuroPP toujours promis à un bel avenir
©Denys Rudyi - stock.adobe.com

Le marché de l'EuroPP toujours promis à un bel avenir

Par Carine Guicheteau

Les montants levés par les entreprises françaises sous la forme d'EuroPP (placement privé européen) ont chuté en 2017 par rapport à 2015. Pourtant, [...]

Utiliser le crowdlending pour refinancer un investissement
Trésorerie
LOOK&FIN
Utiliser le crowdlending pour refinancer un investissement

Utiliser le crowdlending pour refinancer un investissement

Par LOOK&FIN via Marketme

Emprunter pour refinancer un investissement réalisé sur fonds propres permet de récupérer de la capacité d’investissement future.

Émission de minibons : une nouvelle forme de prêt participatif
Trésorerie
Émission de minibons : une nouvelle forme de prêt participatif

Émission de minibons : une nouvelle forme de prêt participatif

Par Carine Guicheteau

Depuis le 1er octobre 2016, les sociétés par actions (SA, SAS) et les SARL d'au moins trois ans peuvent émettre des minibons pour se financer. [...]

La rédaction vous recommande

La révolution du paiement sans carte !
La révolution du paiement sans carte !

La révolution du paiement sans carte !

Par AirPlus

Avec la multiplication des deplacements professionnels la gestion des depenses devient un reel enjeu pour les entreprises Vous cherchez une [...]