Mon compte Devenir membre Newsletters

Les moyennes entreprises françaises se vendent moins (et moins bien) que les européennes

Publié le par

Avec seulement 50 transactions au premier semestre 2015 et une valorisation à 7.2 fois l'EBITDA, les moyennes entreprises françaises non cotées n'ont pas la cote.

Les moyennes entreprises françaises se vendent moins (et moins bien) que les européennes

Bonne nouvelle, le premier semestre 2015 fait apparaitre une remontée de la valorisation des moyennes entreprises françaises, à 7.2 fois l'EBITDA contre 6.8 au second semestre 2014!, selon le nouvel Observatoire de la valeur des moyennes entreprises, lequel s'intéresse aux cessions de structures " à la porte de la cote".

Mais, mauvaise nouvelle, si on replace ce comparatif dans un contexte plus ancien et plus européen:
- depuis le début 2011, la valorisation de ces entreprises ne cessent de chuter (avec une très légère remontée au premier semestre 2014);
- ce même segment d'entreprises, européennes cette fois, est valorisée à 8.2 fois l'EBITDA.

"Ce décrochage entre les entreprises moyennes françaises et européennes est apparu au second semestre 2013, note Claude Cazes, président de la Commission Évaluation de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, la France n'a pas su profiter de l'embellie européenne". Selon les représentants de la CNCC, ce manque de confiance n'est pas lié à la qualité des entreprises : "La France ne suscite pas la confiance" juge Denis Lesprit, président de la CNCC. En cause l'instabilité réglementaire et fiscale si propre à notre pays, et bien sûr le fameux choc fiscal du début de mandat du président Hollande.

Seulement 50 transactions...

Plus largement avec une cinquantaine d'opérations, l'activité M&A des moyennes entreprises françaises s'est stabilisée mais reste très en deçà du niveau mondial. Cette stabilisation fait écho à la chute des LBO, qui en nombre a baissé d'un tiers par rapport à 2013.

Petite bonne nouvelle: sur le marché des acquisitions des moyennes entreprises françaises, la part des acquéreurs industriels est toujours prépondérante, à 78% au premier semestre 2015, la moitié étant des entreprises cotées, en grande majorité des entreprises nord-américaines. "Les entreprises cotées ont donc structuré leur secteur d'activité; et les industriels ont su s'adapter à la concurrence des LBO" souligne Claude Cazes.

Et si l'étude de l'activité des entreprises moyennes cotées fait apparaitre une reprise (+ 16% au S1 2015), "les non cotées n'ont pas profité de cette dynamique" déplore Claude Cazes.

Cet observatoire a été créé en 2014 et délivre une étude par semestre sur la valorisation des entreprises françaises non cotées, de 15 à 50 millions de fonds propres, soit environ 7000 entreprises.
Ce deuxième " Observatoire de la valeur des moyennes entreprises ", a été réalisé au premier semestre 2015 par la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC) en collaboration avec le bureau de recherche et d'analyse financière Epsilon Research.
Consulter l'observatoire du premier semestre 2015
.