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Afrique : intéressant à condition de relever le défi du financement

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Lors d'une conférence organisée par Objectif Cash, le CIAN (conseil français des investisseurs en Afrique) a rappelé que même si de nombreux défis restaient à relever, l'Afrique était le contient des affaires du futur.

Afrique : intéressant à condition de relever le défi du financement

Le CIAN (conseil français des investisseurs en Afrique), association qui regroupe les principales entreprises françaises investies en Afrique (160 membres qui représentent 80% du business français en Afrique), vient de publier la 27e édition de son Baromètre. Réalisé à partir d'une enquête auprès des entreprises françaises implantées en Afrique, ce baromètre couvre 34 pays et analyse, sur la période 2014-2015-2016, les performances des entreprises sondées et leur appréciation du climat des affaires.

Climat des affaires médiocre mais 90% des entreprises françaises en croissance

Principaux enseignements de ce baromètre : s'il reste des points faibles, l'Afrique reste un continent intéressant pour réaliser des affaires.

Le climat des affaires est jugé plutôt médiocre (note générale de 2,39 sur 5). Autres points faibles soulevés par les sondés : la formation et la qualité de la main d'oeuvre, le manque d'efficacité de l'administration et la corruption, les infrastructures ferroviaires et routières. Par contre, les entreprises interrogées jugent positivement le droit du travail et le coût de la main d'oeuvre, les réseaux aériens et télécoms, la fiabilité des acteurs locaux et la sécurité.

Côté activité des entreprises françaises implantées en Afrique, le bilan est positif : 90% des entreprises françaises ont enregistré une croissance de leur chiffre d'affaire, seules 22% des entreprises ont perdu de l'argent et, en Afrique australe, 90% des entreprises ont enregistré des bénéfices.

Trois défis à relever

Pour Étienne Giros, président délégué du CIAN, l'Afrique est sans conteste un continent intéressant pour les affaires. Il note cependant 3 défis que le continent va devoir relever : la gouvernance, les infrastructures et l'éducation.

Côté gouvernance, des progrès doivent encore être faits au niveau démocratique et en termes de qualité de l'administration, notamment judiciaire. Étienne Giros prône l'alternance :"Si nous voulons développer l'Afrique, il ne faut pas que la même équipe reste 40 ans au pouvoir", martèle-t-il. Le président délégue du CIAN insiste également sur l'importance des infrastructures dans le développement de l'Afrique : "Commençons par donner de l'électricité aux 2/3 des Africains qui ne l'ont pas et à désenclaver les pays de l'intérieur", insiste-t-il. Il rappelle qu'un tiers de la production est perdue à cause de problèmes de logistique : pas de possibilité de la livrer ni de la stocker.

Enfin, la formation, et notamment la formation professionnelle est éminemment importante. Notamment pour développer la classe moyenne du continent, où les inégalités sont criantes. Or c'est de la classe moyenne que sortiront les patrons, cadres et consommateurs de demain.

Le problème du financement

Malgré ces difficultés persistantes, Étienne Giros invite les entreprises à se rendre en Afrique. Et sans plus tarder ! "L'Afrique est le relais de croissance des 30 prochaines années et les entreprises doivent donc y aller tout de suite : les places seront beaucoup plus chères dans 20 ans, quand les problèmes qui persistent seront réglés !" Et d'aller à l'encontre des idées reçues : "Arrêtons de dire que l'Afrique est dangereuse : il n'y a pas plus d'enlèvements, de crimes ou d'impayés qu'ailleurs. Oui les codes sont compliqués à comprendre mais les entreprises gagnent bien en Afrique!"

Reste la problématique du financement à résoudre. Car le crédit est hors de prix en Afrique. "Un grand groupe peut espérer atteindre un taux de 7% tandis que les petites entreprises sont soumises à un taux pouvant aller jusqu'à 15%", rapporte Étienne Giros. A cela s'ajoute un impôt forfaitaire de 7%... Des conditions qui ne peuvent convenir qu'à des entreprises très rentables...

Autre problème : même à l'étranger, les financeurs demandent des garanties élevées, souvent réelles (et pas seulement des usines ou des fonds de commerce).

Étienne Giros conseille de se tourner vers les fonds d'investissements, qui sont à la recherche de bons projets et de bons porteurs de projets. "Si vous avez des projets sérieux, vous trouverez de l'argent", pense-t-il. Autre conseil : dans les pays en francs CFA, emprunter des devises