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Les nouveaux visages des conseils d'administration : les profils recherchés

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Si la loi Copé-Zimmermann relative à la représentation équilibrée des femmes au sein des conseils d'administration a permis d'y faire entrer des femmes mais aussi des personnes aux formations et aux expériences plus diversifiées, des efforts restent à faire. Pour une meilleure gouvernance.

Les nouveaux visages des conseils d'administration : les profils recherchés

Introduite en 2011, la loi Copé-Zimmerman a été suivie d'effets puisque aujourd'hui 26,6% des administrateurs sont des administratrices (étude Gouvernance & Structures -janvier 2015 ). Ce qui place la France à la deuxième place au niveau européen, derrière la Norvège (38% selon une étude Expert Corporate Governance Service de 2014 sur 600 grandes sociétés dont 80 françaises).

Même si ce chiffre n'est qu'une moyenne, cachant des disparités (les small caps ne comptent que 23,9% de femmes selon l'étude Gouvernance & Structures), ouvrir les conseils d'administration aux femmes a permis d'y faire entrer de nouveaux profils. L'Institut français des administrateurs (IFA) note l'arrivée de femmes opérationnelles et étrangères dans plusieurs sociétés. Comme Sophie Stabile, daf d'Accor, au conseil d'administration d'Unibail ou encore Aruna Jayanthi, CEO de Capgemini India au conseil d'administration de Michelin.


Des femmes opérationnelles et étrangères

Une étude Russel Reynolds Associates (septembre 2013) note d'ailleurs que 51% des administratrices du CAC 40 sont de nationalité étrangère (+24 points vs 2012) et 23% du SBF 120 hors CAC (stable vs 2012). Désormais, 33% des administrateurs du CAC 40 seraient de nationalité étrangère et 21% pour le SBF 120. Cependant, l'étude Gouvernance & Structures montre que, en dehors des grandes entreprises, le nombre d'administratrices de nationalité étrangère est très faible.

L'étude Russel Reynolds Associates rapporte également que 70% des femmes administratrices du SBF 120 ont des fonctions exécutives dans des sociétés cotées (CEO ou membres du Comex). L'étude Gouvernance & Structures souligne cependant que l'introduction d'une diversité dans les profils est encore très modeste, en particulier chez les Big Caps non CAC 40 et les Mid Caps. Par ailleurs, certaines fonctions sont encore peu représentées comme les fonctions technique, scientifique ou de production, le commercial, le marketing et la communication ou encore la RSE et les RH. Michel Behar, président APIA Ile de France, pense que les conseils devraient s'ouvrir à de jeunes fondateurs de start-ups qui apporteraient des connaissances technologiques.

La féminisation des conseils administration a également eu l'avantage de les rajeunir : les nouvelles administratrices sont davantage recrutées dans la tranche 40 à 50 ans (étude Gouvernance & Structures). L'âge des nouveaux entrants est donc de 55 ans pour les entreprises du CAC 40 et 52 ans pour les SBF120 hors CAC (étude Russel Reynolds Associates).


Davantage d'administrateurs indépendants dans les ETI

Une autre évolution est à noter : la loi sur la sécurisation de l'emploi de juin 2013 impose des administrateurs salariés aux entreprises qui emploient plus de 5000 personnes en France (ou 10 000 dans le monde). Désormais, un administrateur salarié est présent dans les conseils de 43% des sociétés du CAC 40 et dans 21% des sociétés du SBF120 hors CAC (étude Russel Reynolds Associates).

Autre évolution notable : une étude Apia -administrateurs professionnels indépendants associés - de décembre 2014 sur les ETI montre que le nombre d'ETI accueillant au moins un administrateur indépendant a plus que doublé en 10 ans (moins de 20% en 2004 et 48% aujourd'hui). Et sur les 52% qui n'en ont pas, 20% ont le projet de le faire. Les administrateurs des sociétés du SBF 120 sont quant à eux indépendants à 48% (étude Russel Reynolds Associates). Rappelons que le code Afep-Medef de gouvernance d'entreprise préconise 50% administrateurs indépendants. Michel Behar rapporte quant à lui que la loi impose une qualification des administrateurs.

Les plus d'un recrutement professionnel

Selon Guy Le Péchon, associé/gérant du cabinet de conseil en "corporate governance" Gouvernance & structures, "la loi est une opportunité pour se poser de bonnes questions sur la composition d'un conseil d'administration". Faire appel à des chasseurs de têtes et non plus rechercher les administrateurs au sein du cercle restreint des relations personnelles du président du conseil ou des administrateurs en poste permet de réfléchir aux profils d'administrateurs dont on souhaite disposer afin de répondre à la stratégie de l'entreprise.