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Tout plaquer et devenir Daf

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Ces dernières années, la vie de Charles-François Ollier, Daf d'une business unit, n'a pas été un long fleuve tranquille. Du jour au lendemain, ce permaculteur et éleveur de chèvres, ex-trader, a tout lâché pour enfin vivre de sa passion et devenir Daf. Un témoignage émouvant.

16 mai 2016: Charles-François dit 'au revoir' à ses chèvres.

16 mai 2016: Charles-François dit "au revoir" à ses chèvres.

Ancien trader lassé des salles de marché, Charles-François Ollier avait décidé de changer radicalement de vie. Il y a 5 ans, il quitte Paris. Son projet? Créer une micro-ferme en maraîchage bio, inspirée des principes de la permaculture. Un choix plus ou moins contraint, à vrai dire: "Mes parents, anciens hippies, avaient très mal vécu de voir leur fils unique céder aux sirènes du capitalisme. J'ai même changé de prénom pour faciliter ma carrière, un coup dur pour mes parents. Alors pour renouer avec eux, j'ai fini par accepter de me lancer dans un projet de vie plus conforme à leurs espérances."

En 2012, c'est donc à Sainte-Maure-de-Touraine, haut lieu du fromage de chèvre et berceau de sa famille, que Charles-François (né Brian-Peace) lance sa nouvelle activité. "Dès le départ, j'ai compris que ça ne serait pas évident. Pour faciliter l'entretien de l'exploitation tout en respectant les principes de la permaculture, j'ai voulu acheter des lamas. Mais on m'a vite fait comprendre que seul l'élevage de chèvre était accepté! La création d'une ferme en permaculture n'était pas vraiment bien comprise dans une région dominée par les exploitations laitières."


"Je ressentais un manque de sens dans mon activité. Me lever tous les jours à 4 heures pour traire des chèvres qui n'avaient aucune reconnaissance pour moi..."

Chèvres vs normes IFRS

Les chèvres, ce sont elles qui auront raison du projet de ce jeune décideur. Elles et les normes IFRS, pour être exact. "Bernard [le prénom a été modifié, NDLR] un ami qui venait d'être promu à la tête d'une société du SBF 120, m'a sollicité pour l'aider sur les normes IFRS et ce qu'elles traduisaient de la performance économique et financière de la structure. En ouvrant Excel, j'ai ressenti une telle excitation!" Peu à peu, Charles-François délaisse le quotidien de sa ferme. "Je ressentais un manque de sens dans mon activité. Me lever tous les jours à 4 heures pour traire des chèvres qui n'avaient aucune reconnaissance pour moi..." Parallèlement, son ami le sollicite de plus en plus pour l'aider à transformer la fonction finance de son groupe.

Le déclic se produit un matin de mai 2016. "Je m'étais couché tard la veille car j'avais dû vidanger en urgence les toilettes sèches (trop occupé par les projets de Bernard, j'avais oublié cette contrainte). Le lendemain matin, en me levant à 4 heures, j'ai découvert que les chèvres avaient dévoré toutes les salades du potager bio et ravagé toutes les plantations. J'avais mal refermé leur enclos la veille..." La goutte d'eau qui fait déborder le vase, déjà bien rempli, de l'ex-trader en quête de sens.

Du jour au lendemain, Charles-François confie sa ferme à ses hippies de parents et retourne à Paris, où Bernard l'accueille à bras ouverts et lui confie le poste de Daf d'une business unit dédiée à la logistique. "Une libération", se rappelle avec émotion Charles-François. "Reportings, credit management, gestion des risques et des RH... Je suis enfin dans mon élément! Et avec l'arrivée du RGPD, je sens que je vais me régaler en matière d'audits et de contraintes réglementaires!" Heureux qui, comme ce Daf, a fait un beau voyage... avant de retrouver l'univers de la compta et des process budgétaires!

>> Découvrez en page suivante le témoignage de Bernard, cet ami qui a permis à Charles-François Ollier de rebondir.

La rédaction