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Daf en 2016, qui êtes-vous ?

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Entre un Daf exerçant des années 1990 et son homologue de 2016, quels sont les changements? Afin de comprendre comment votre profession a évolué, nous avons demandé à notre partenaire Nomination d'analyser les profils des directeurs financiers du XXe et du XXIe siècle. Voici leurs portraits croisés.

Daf en 2016, qui êtes-vous ?

Business partner. Voilà une dénomination que vous, directeurs administratifs et financiers, avez pu croiser à toutes les sauces lorsqu'il est question de l'évolution de votre fonction! La rédaction de DAF Magazine a décidé d'aller au-delà de ce qualificatif qui permet de définir facilement une profession sans vraiment apporter de précisions. En partenariat avec Nomination, spécialiste de la veille et de ­l'information BtoB, nous avons analysé les profils des Daf et directeurs financiers des années 1990 et 2000 pour les comparer à ceux d'aujourd'hui, afin d'identifier les grandes lignes d'évolution de votre fonction.

Rajeunissement et féminisation: la direction financière change de profil

Dans les années 1990, le directeur financier était dans 94% des cas un homme, âgé en moyenne de 56 ans. Pour être précis, 64% des Daf avaient plus de 50 ans. Dorénavant, la moyenne d'âge est de 47 ans, avec un bond de la tranche d'âge 40/50 ans, passée de 21% du panel dans les années 1990 à 41% en 2016.

Ce rajeunissement est une tendance constante, puisque entre 2000 et 2005 la moyenne d'âge s'établissait à 50 ans. Ces données sont confirmées par l'étude publiée en mars 2016 par le cabinet OasYs Consultants sur les perspectives d'évolution des Daf à mi-carrière: en 2016, "la majorité des recruteurs (80%) vont privilégier les personnes de 40 à 50 ans pour le recrutement d'un Daf confirmé."

Autre évolution marquante: la féminisation de la fonction. Alors que les directrices administratives et financières n'étaient que 6% dans les années 1990, leur proportion a plus que doublé en dix ans (15% dans les années 2000), pour s'établir à 19% en 2016. Une féminisation qui se confirme chaque année lors des Trophées DAF Magazine: à l'occasion de la quatrième édition qui s'est déroulée en mars 2016, deux femmes, Sylvie Forero (Laiteries H. Triballat) et Anne-Laure Mérillou (Valade), ont été placées sur le podium par leurs pairs!

Les écoles de commerce, la voie royale

Côté formations initiales, les écoles de commerce restent la principale voie d'accès à la fonction: en 2016, 37,6% des Daf du panel établi par Nomination étaient issus de l'une d'elles. Ils étaient près de la moitié dans les années 1990; en dépit de cette légère baisse, les écoles de commerce conservent leur première place parmi les formations dont sont issus les Daf depuis deux décennies.

Derrière cette constante se cachent plusieurs changements. Tout d'abord, la disparition de l'ENA, dont étaient issus 10,7% des Daf des années 1990. En 2000, ils n'étaient déjà plus que 3,8%. Pour Stéphane Py, directeur du développement de Nomination, ce déclin des énarques au sein de la direction financière peut s'expliquer par le fort développement conjoint, sur les vingt dernières années, des formations finance au sein des écoles de commerce et du cursus dans les cabinets d'audit, qui a engendré une nouvelle filière de décideurs financiers dans les entreprises.

On remarquera aussi l'émergence de fonctions financières très opérationnelles, notamment dans les filiales de grands groupes: ainsi, un groupe comme Air Liquide compte plus de quinze décideurs financiers. Les entreprises se structurent et sont à la recherche de profils plus opérationnels. D'où l'émergence de l'université Paris-Dauphine, absente des statistiques dans les années 1990 et qui dénombrait déjà 7,5% de diplômés à la tête de la Daf dans les années 2000. Désormais, près d'un directeur financier sur dix est issu de cette université. À noter aussi, les IEP tirent leur épingle du jeu, avec une deuxième place constante au fil des ans: 17,8% dans les années 1990, 9,9% en 2000 et 13,4% aujourd'hui.

Un fait notable en matière de première expérience: le passage par le cabinet d'audit en début de carrière, essentiel il y a vingt ans, est en recul actuellement. De fait, ces structures ont perdu de leur prestige avec les faillites d'Enron et d'Arthur Andersen au début des années 2000, qui ont remis en cause l'intérêt de ce rite initiatique dans la finance.

Mais pour Stéphane Py (Nomination), ce changement est également représentatif des ambitions de la nouvelle génération de décideurs: "L'activité en cabinet d'audit, qui implique un rythme soutenu et une forte résistance au stress, reste une filière importante, mais l'émergence de nouveaux modèles (nouvelle économie, start-up...) offre des opportunités et des responsabilités plus immédiates, voire un nouveau rapport à la vie professionnelle, moins traditionnel." Ce qui contribue directement au rajeunissement des Daf: ainsi, Nizard Djemmali, par exemple, est directeur financier d'Azalead Software à seulement 31 ans.

>> Suite de l'article en page 2.