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Un risk manager, pour quoi faire?

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La fonction de risk manager, relativement récente, se développe en ETI. Son rôle? Identifier, prévenir et financer l'ensemble des risques de l'entreprise. Un profil généralement expérimenté qui doit savoir faire preuve d'excellentes qualités de communicant.

Un risk manager, pour quoi faire?

Le métier de risk manager est apparu en France il y a une vingtaine d'années et s'est naturellement imposé au sein des grands groupes comme une fonction stratégique. Dans les PME et ETI, le mouvement est plus récent mais clairement perceptible. " Les effets de la crise se sont traduits par une hausse des effectifs dans les entreprises de taille moyenne, alors qu'ils étaient auparavant le signe distinctif des grands groupes ", souligne le dernier baromètre de l'Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise (AMRAE; consulter le baromètre).

Sa mission

Historiquement, la fonction s'est construite autour de professionnels de l'assurance et de la prévention (AP) en charge de transférer le risque aux assureurs. Puis, au fil des années, est apparu un profil orienté entreprise risk management (ERM) qui intervient en amont dans l'identification et la qualification des risques. " Il y a une porosité qui s'est créée et nous constatons qu'un nombre croissant de risk managers ont les deux profils. Le métier est de plus en plus global ", analyse François Malan, administrateur de l'AMRAE. Selon le dernier baromètre publié par l'Association, 39 % des risk managers ont la double facette AP et ERM, contre 31 % il y a deux ans.

Selon l'organisation dans laquelle il s'inscrit, le gestionnaire de risques assure tout ou partie du risk management. Cette discipline recouvre l'appréciation, la maîtrise et le financement du risque. Mais aussi la gestion des événements, non assurés ou non assurables, des sinistres et des situations de crise. En amont, c'est le risk manager qui définit les missions et la structure du dispositif de gestion de risques dont il assure le pilotage. Il travaille également à la diffusion de la culture du risque dans l'entreprise. " Le risk management couvre tous les risques imposés par la réglementation et liés au fonctionnement du business. C'est une fonction très transversale ", résume Marc Bartel, associé au sein du cabinet de conseil en recrutement Heidrick & Struggles. " Le risk manager est un pivot interne qui a vocation à accompagner la direction générale et les équipes de sorte que l'entreprise ne soit pas impactée par des risques identifiés et modélisés ", confirme Stéphane Romano, fondateur du cabinet de conseil en recrutement Cala Partners.

Le gestionnaire de risques, généralement rattaché en n-2 à la direction générale de l'entreprise, dépend très souvent directement de la direction financière, aussi bien dans les PME que dans les grands groupes .Dans certains cas, il peut être rattaché au secrétariat général ou à la direction juridique. " In fine, le rattachement du risk manager dépend de deux facteurs principaux, note Marc Bartel. Primo, la volonté plus ou moins appuyée du p-dg d'en faire un élément-clé de la stratégie de l'entreprise. Secundo, la spécificité du risque de l'entreprise en fonction de son secteur d'activité (financier, médical, etc.). " Signe d'une certaine maturité de la fonction, on voit apparaître depuis peu des directions de la gestion des risques au sein des grandes structures.

Ses qualités

La fonction de risk manager requiert des compétences techniques (réaliser une cartographie des risques, choisir une police d'assurance...), ainsi qu'une maîtrise des langues étrangères et tout particulièrement celle de l'anglais (indispensable) " dans la mesure où il y a pas mal de polices d'assurance à placer à l'étranger ", souligne François Malan (AMRAE).

Mais le gestionnaire de risques doit avant tout faire preuve de grandes qualités personnelles. " Il doit être avant tout être un excellent communiquant, assure Marc Bartel. Aussi bien pour aller à la pêche à l'info que pour présenter un plan d'action. " Les profils qui collent à la fonction sont ceux dotés d'un très bon relationnel, d'une capacité à prendre de la hauteur et à convaincre ses interlocuteurs. " Ce sont des soft skills qui ne s'apprennent pas, ajoute Stéphane Romano. Réussir à se mouvoir dans un rôle transversal n'est pas donné à tout le monde. "

Organisé, curieux, patient, le risk manager doit aussi savoir résister au stress et gérer une situation de crise. La capacité à manager est également une donnée importante dans un contexte d'élargissement des équipes. Le profil du gestionnaire de risques est donc plutôt celui d'un professionnel expérimenté. " À la marge, on trouve quelques risk managers qui ont la trentaine, mais en général ils arrivent en poste après quarante ans et disposent d'une quinzaine d'années d'expérience, témoigne Stéphane Romano. C'est une personne qui doit maîtriser ses sujets et être crédible auprès de la direction générale. Cela raréfie les profils. "

Sa formation

Si certaines formations initiales se structurent depuis quelques années (Sorbonne, Enass...), " il n'y a pas de voie royale ", assure François Malan. " Cela ne s'apprend pas à l'école, confirme Marc Bartel. On voit surtout des professionnels qui sont tombés dedans à un moment de leur carrière. "

Globalement, les profils qui embrassent la fonction de risk manager viennent des métiers du droit, de la gestion ou de l'ingénierie. " Beaucoup ont fait leurs armes dans les assurances ou le courtage ", note François Malan. Les profils seniors étant privilégiés (d'après l'AMRAE, 81 % des risk managers ont plus de 40 ans), le nombre de formations continues dans ce domaine s'est multiplié, tel le cursus intensif de l'AMRAE en stratégie de gestion des risques baptisé Cefar.

L'évolution vers un poste de risk manager se fait souvent en interne ou par cooptation. " Il y a deux logiques, constate Stéphane Romano. Soit on trouve au sein de l'entreprise quelqu'un qui en a les capacités, soit on propose à un salarié une formation complémentaire. "

Salaire
Selon l'étude de l'AMRAE, le risk manager bénéficie en moyenne d'une rémunération brute comprise entre 100 et 120 k€ par an. À cela peut s'ajouter une part variable d'environ 20 % et qui tend à devenir toujours plus importante. L'expérience du salarié, la taille de l'entreprise, le rattachement hiérarchique et même le mode de recrutement ont une influence directe sur le niveau de rémunération du gestionnaire de risques. " Sur certains postes très pointus, vous pouvez gagner jusqu'à 200-250 k€, affirme pour sa part Marc Bartel. Comme le vivier de talents est limité et les besoins croissants, les prix sont tirés vers le haut. D'autant que les salariés deviennent de plus en plus compétents. " Et François Malan de préciser : " Les profils ERM ont une meilleure rémunération. Globalement, les risk managers sont de mieux en mieux payés. C'est le signe d'une reconnaissance du métier. "

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Yann Petiteaux