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Paramètres de la rémunération des Daf français: quel constat?

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Les salaires des Daf subissent une relative cure d'amaigrissement. À cela s'ajoute une montée en puissance de l'individualisation de leur rémunération dans un contexte d'offres d'emplois assez restreint. La faute à la crise certes, mais encore?

Paramètres de la rémunération des Daf français: quel constat?

Les études semblent unanimes : les Daf français seraient au régime niveau rémunération !

-D'après une enquête publiée par Michael Page fin 2013, leurs salaires ont globalement stagné en 2013, comme en 2012, avec toujours de fortes disparités entre les salaires perçus par les Daf des grands groupes qui peuvent atteindre les 300 k€ brut et ceux des Daf de PME qui plafonnent à 100 k€.
-Constat similaire avec l'étude du cabinet Robert Half, basée sur l'analyse de son portefeuille de missions pour 2013/2014 : les salaires d'embauche des Daf ont subi une cure d'amaigrissement de près de 10 % ! Alors qu'un directeur financier d'une ETI parisienne (chiffre d'affaires entre 500 millions et 1 milliard d'euros) pouvait prétendre en 2012 à un salaire entre 150 k€ et 250 k€, désormais il doit "se contenter" d'une enveloppe allant de 140 k€ à 225 k€.

Des chiffres inquiétants ? "Non, nuance Johann Van Nieuwenhuyse, directeur senior du cabinet Michael Page, la situation est loin d'être catastrophique. Certes, les salaires des Daf sont en berne au vue de la conjoncture actuelle, encore très morose, mais ils ne sont pas non plus en chute libre ! " D'autant que la donne varie largement d'un secteur à l'autre. " Dans les marchés volatiles tels que l'IT et la banque, où les Daf étaient les mieux payés avant la crise, la rémunération des fonctions financières a connu une baisse. Dans les marchés moins frappés par la récession, la tendance est à la stagnation ", note le directeur.

Absence de projets structurants

Un phénomène qui en reflète un autre : la difficulté pour les Daf en repositionnement de décrocher un emploi. "Les fonctions de middle management, tels que responsable comptable ou contrôleur de gestion, restent très recherchées par les entreprises, alors que le marché de l'emploi 2013 a été plutôt atone pour les Daf et les offres peu nombreuses, tant les postes vacants se font plus rares à ce niveau de compétence et d'expérience", explique Bruno Fadda, associate director de Robert Half Finance & Comptabilité. Et sur un marché de remplacement, les Daf en poste n'osent pas quitter leur entreprise même s'ils ne s'y épanouissent plus de crainte de rester longtemps sans emploi... " Face à un tel déséquilibre entre l'offre et la demande, les rémunérations proposées aux nouveaux entrants sont, bien sûr, moins attrayantes que les années passées, complète ce dernier. Un constat qui s'applique encore plus à ceux désireux d'intégrer une PME/ETI où le périmètre de responsabilité s'avère large au vu du salaire proposé."

Pour Jean-Paul Brette, directeur général chez Hudson France, en charge des secteurs banque-finance-assurance, plusieurs raisons expliquent cette tendance à la baisse du marché. " Nous ne sommes plus dans une logique de ''cost reduction'' comme en 2008. Aussi, l'optimisation des coûts passe moins par la finance que par la refonte des process et les systèmes d'information. Par ailleurs, cette année, le marché n'a pas été créateur d'emplois faute de besoins - faible croissance interne, absence de projets structurants ou d'entrée en vigueur de nouvelles normes comptables nécessitant une expertise nouvelle."

Montée de la part du variable

Coté Daf déjà en poste, 58 % déclarent leur contribution sur la rentabilité en augmentation en 2013 contre 44 % l'année précédente, d'après la dernière édition du baromètre Phi réalisé par CSC/Cegid. Et les directions financières oeuvrent de plus en plus sur une vision court-termiste, résultante directe de la difficulté à avoir de la visibilité sur l'environnement. Ainsi, 56 % des répondants travaillent sur un horizon budgétaire à un an, dont un pilotage à très court terme (un à trois mois) qui explose par rapport aux années précédentes. Autant de changements qui impactent directement les salaires des Daf, avec une montée en puissance, sans précédent, de l'individualisation de leur rémunération. La part variable atteint désormais fréquemment 25 %, voire 30 %, de la rémunération dans certains secteurs tels que l'IT ou le retail, contre 10 % à 15 % en moyenne d'après l'étude Michael Page précitée. " Cette tendance reflète l'évolution notable du métier de Daf, de simple fonction support à une profession à la fois plus opérationnelle et stratégique davantage associée à la performance de l'entreprise. Résultat : le Daf est désormais rémunéré, à l'instar du directeur commercial, selon sa contribution à la performance économique de la société ", détaille Bruno Fadda (Robert Half Finance & Comptabilité). Pour Johann Van Nieuwenhuyse (Michael Page), " cette tendance est très visible dans les grands comptes de culture anglo-saxonne. Dans les PME familiales franco-françaises, la part variable reste moins élevée, la rémunération du Daf incluant a contrario d'autres avantages tels qu'une voiture de fonction, une carte essence, etc. "