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[Tribune] De l'optimisation des coûts à la création de valeur : des pistes concrètes

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Quel ROI ? Les exemples d'EDF, Total et Yves Rocher

Si les entreprises investissent (souvent beaucoup !) dans ces programmes d'optimisation, elles sont d'autant plus exigeantes quant au ROI : il s'agit d'obtenir des résultats rapidement.

- Une question de " survie ", parfois, comme chez EDF où le plan Spark avait pour objectif " 1 milliard d'euros d'économies, ce qui représente un effort de 5 % de la masse d'achat du groupe. ", précisait à l'époque Thomas Piquemal, le directeur financier d'EDF. Ce programme est venu compléter le programme d'optimisation de 2011 dédié à améliorer la performance d'EDF dans un contexte marqué par la baisse de la demande d'énergie. Et " les résultats du plan d'économies Spark ont dépassé les attentes du groupe " souligne EDF.

- Total a récemment annoncé " être en avance sur son programme de réduction des coûts ". A la clef, la marge brute d'autofinancement du groupe a augmenté de 21% par rapport au deuxième trimestre 2016, notamment grâce à cette baisse des coûts opératoires (ainsi que la montée en puissance des nouvelles technologies).

- Chez Yves Rocher, l'actuel dirigeant Bris Rocher, qui a lancé un vaste plan de transformation, ose pour sa part le mix énergétique. Une démarche qui s'inscrit dans l'ADN naturel de la marque et qui permet d'effectuer de précieuses économies à l'instar de l'adoption du véhicule électrique. Equipé de 40 hybrides essence, le groupe Yves Rocher compte convertir sa flotte de véhicules à 80 % d'ici 2020. Jean-Philippe Berger, le responsable des services généraux, estime " le surcoût entre 5 000 et 8 000 euros sur le prix d'achats mais les loyers sont finalement compétitifs grâce au bonus (1000 €) et aux remises des constructeurs ".

De l'optimisation des coûts à la performance

Le dernier exemple notamment est une preuve que l'optimisation des coûts n'est pas l'apanage des entreprises en difficulté ou des fonds de retournement ! L'idée est d'opérer un changement plus en profondeur, d'instiller une culture de la performance et donc de créer de la valeur sur le long terme. " Couper les coûts pour sauver un résultat est de courte vue. Identifier les surcoûts afin de dégager du cash à réinvestir sur l'innovation et la diversification a du sens " justifie Laurent Bendavid, le président de Logista France et client de KLB Group. Logista France, qui achète chaque année 44.000 jours d'intérim, soit 200 équivalents temps plein, a massifié ces achats auprès de quatre prestataires compétitifs, parmi la dizaine qui opéraient jusque-là.

Et au vu du contexte, mieux vaut miser sur la réduction de ses coûts que de parier sur la reprise économique. Le directeur financier de PSA, Jean-Baptiste de Chatillon, a " annoncé aux analystes son intention d'aller chercher 200 millions supplémentaires sur les frais fixes, pour notamment, se préparer aux éventuelles conséquences du Brexit ". La course à l'optimisation n'est pas prête de s'arrêter.


Marc Chastaing

L'auteur

Ancien conseiller communication et marketing grands comptes dans un cabinet de conseil bruxellois, Marc Chastaing officie depuis 2008 comme consultant indépendant en marketing stratégique et développement, auprès des dirigeants de TPE et PME. Ses domaines d'intervention: conception des stratégies de marques ou de produits, mise en oeuvre des campagnes, accompagnement en communication sur le cycle de vie produit, et conseil du dirigeant.