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Analyse d’un bilan : clés de lecture

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A l’heure où les entreprises publient leurs comptes et organisent leurs assemblées générales, il est important pour les actionnaires ou les associés de savoir analyser un bilan et de connaître les clés de lecture qui permettent d’identifier si les principaux équilibres financiers sont respectés et si, d’une manière plus générale, l’entreprise est économiquement saine.

Le bilan est la photo d’une entreprise à une date précise. Il est utilisé dans le cadre des relations internes à l’entreprise – avec les associés ou les actionnaires, les salariés –,  et des relations avec les fournisseurs, les clients. Il constitue la base des négociations avec les partenaires financiers – banquiers et investisseurs.

 

La construction des comptes : des principes généraux incontournables

Les principes généraux sont définis par le Code du commerce : permanence des méthodes, régularité et sincérité des comptes qui doivent refléter une « image fidèle » de l’entreprise et en traduire la situation économique. En France, le principe de prudence prédomine : des provisions pour risques seront comptabilisées, alors que des plus-values latentes ne seront pas intégrées.

Les exercices comptables sont indépendants les uns des autres. Au sein d’une période donnée sont rattachés tous les produits et toutes les charges. L’exercice suivant, les compteurs sont remis à zéro.

Rappelons que l’actif représente ce qu’une entreprises possède – les biens, les créances clients – et le passif ce qu’elle doit, d’une part à ses actionnaires – le haut de bilan –, et d’autre part à ses fournisseurs, à ses salariés, à l’Etat (charges sociales, impôts) – le bas du bilan. En d’autres termes, l’actif représente les droits de l’entreprise, et le passif représente ses obligations. Le bilan reflète le patrimoine de l’entreprise, toutes opérations cumulées depuis sa création.

Le compte de résultat est un document d’ordre économique qui définit le résultat, bénéfice ou perte, de l’exercice comptable.

 

Les points de vigilance

Les états financiers contiennent bien plus d’informations qu’il n’y paraît au premier abord, à condition de savoir comment ils sont construits et d’avoir des repères pour les lire.

Le niveau des fonds propres

Ceux-ci doivent être positifs. Aucun niveau absolu ne peut être défini car cela dépend des entreprises. Il peut y avoir des pertes, mais, en tout état de cause, les fonds propres ne doivent jamais être inférieurs au capital social. Les fonds propres doivent être suffisants pour financer la croissance, mais ils ne doivent pas non plus être excessifs. Trop de réserves, c’est de la trésorerie qui dort !

La trésorerie

En haut du bilan, le fonds de roulement (capitaux propres moins actif immobilisé) est une ressource durable. Positif, il peut permettre de financer le besoin en fonds de roulement (actif circulant moins dettes circulantes), véritable nerf de la guerre au sein de toutes les entreprises. L’addition de ces deux soldes (FR et BFR) constitue la trésorerie de l’entreprise.

Les immobilisations

Outils de l’entreprise, elles doivent être financées par des capitaux permanents (dont les emprunts). La logique est que les biens qui servent à l’entreprise à long terme soient financés par des financements également à long terme.

Les emprunts

Le niveau d’endettement ne doit pas dépasser un certain niveau de fonds propres. On considère généralement que tant que le total des dettes à moyen et long terme reste inférieur aux capitaux propres, l’autonomie financière de l’entreprise est assurée.

La rentabilité

Au niveau du compte de résultat, il existe plusieurs soldes intermédiaires de gestion. Le plus parlant est le résultat d’exploitation, puisqu’il reflète l’activité pure de l’entreprise. Il doit être positif. Attention, concernant le résultat global, celui-ci peut être dégradé, par exemple par des charges financières, ou amélioré, par exemple par des produits financiers des filiales. Dans ce cas, cela ne prouve pas que l’activité économique en elle-même de la société en question soit viable. 

Les variations d’une année sur l’autre

Les dirigeants doivent pouvoir expliquer ces variations. Sont-elles dues à une augmentation ou une réduction de l’activité ? A une augmentation des postes de charges ? Si oui, pourquoi ? A des recettes exceptionnelles ?

Les informations contenues dans l’annexe

Selon le Code du commerce, les comptes forment un tout : le bilan, le compte de résultat, l’annexe. L’annexe est un document qui reprend en détail certains postes du bilan et qui, surtout, comporte une partie narrative. Elle doit démontrer que les principes énoncés sont respectés. Elle donne des indications sur ce qui s’est passé dans l’entreprise, sur le détail de certains postes, sur les frais de recherche et développement, sur les éventuels litiges en cours, tels les prudhommes… L’annexe a pour objectif d’attirer l’attention du lecteur sur certains points, de compléter et d’éclairer les données chiffrées. Elle peut être très simple pour les petites entreprises, et extrêmement fournie pour les grandes sociétés, avec par exemple le détail du chiffre d’affaires par pays, par gammes de produits, des précisions sur la qualification du personnel pour démontrer la force et la qualité de l’entreprise.

 

L’appui d’un expert pour faire les bons choix

Les associés et les actionnaires ont investi dans l’entreprise. Au moindre doute, ou avant de réaliser un investissement supplémentaire, ils auront tout intérêt à faire appel à un expert-comptable qui pourra les aider à décrypter les comptes annuels.