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[Tribune] Seules 7 % des PME françaises ont recours aux subventions. Pour quelles (mauvaises) raisons?

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Avec des taux de subvention entre 10 et 25 % (avec un maximum de 45 %) le retour sur investissement d'un projet est grandement amélioré. Et pourtant, on estime que seules 7 % des PME françaises ont recours aux subventions. Plusieurs raisons peuvent être évoquées.

[Tribune] Seules 7 % des PME françaises ont recours aux subventions. Pour quelles (mauvaises) raisons?

Avec des taux de subvention entre 10 et 25 % (avec un maximum de 45 %) le retour sur investissement d'un projet est grandement amélioré. Et pourtant, on estime que seules 7 % des PME françaises ont recours aux subventions. Pourquoi?

Une fausse perception

Les entreprises ont tendance à penser (à tort) que le nombre des aides et leur montant ont été réduits. En effet, il y a eu beaucoup de bruit autour de la baisse des subventions. Mais à y regarder de plus près, les seules qui ont fait l'objet de cette réduction sont les dispositifs destinés au monde associatif. Elles estiment également, a priori, qu'elles ne sont pas éligibles. Et si certaines sociétés maîtrisent les aides locales, elles font l'impasse sur les subventions nationales ou européennes.

Peu de visibilité des aides

En France, les dispositifs sont peu visibles hormis la BPI qui communique sur le sujet. Il en résulte que seuls quelques subventions sont abondamment sollicitées, alors que d'autres sont en grande partie perdues faute de demandes

Variabilité des durées de financement

Et les dispositifs sur 5 ans sont de plus en plus souvent remplacés par des appels à projets qui peuvent durer 6 mois ou un an. Cela demande un réel suivi, car cette information n'est pas publiée. En outre, les programmes publics d'aides s'organisent sur des périodes de 6 ans, dépendant des mandats des élus du département et de la région. Les programmes européens sont, eux aussi, sur cette durée (2014-2020).

Il est à noter à également que les critères de sélection des organismes subventionneurs sont de plus en plus nombreux et précis, parfois jusqu'à l'excès.

Sans compter que près de la moitié des entreprises sont rebutées par la complexité des démarches et elles manquent de temps et de ressources en interne. En effet, la liste des subventions est longue. Identifier celles auxquelles une entreprise peut avoir droit, et sélectionner celles adaptées à son projet de développement et de compétitivité est fastidieux.

Quels indicateurs pour quel financement?

Premier impératif : parvenir à formuler en cohérence avec les stratégies de développement des collectivités territoriales et des différents organismes financeurs. Le choix des indicateurs est donc primordial. Ainsi, un projet pourra être traduit en plusieurs dossiers : volet création d'emplois, aspect limitation des accidents du travail, ou angle augmentation de la productivité, par exemple. Le projet de l'entreprise doit être décomposé pour en identifier les avantages induits.

Exemple

Une PME qui souhaite acheter de nouvelles machines pour développer sa production, devra à répondre à des questions aussi variées que : Ce matériel permet-il d'économiser de l'énergie ou de réduire les déchets ? Va-t-il nécessiter de recruter un nouveau technicien ? Permet-il d'améliorer les conditions de travail parce qu'il est moins bruyant que le précédent ?

L'auteur


Nicolas Lemeunier entreprend sa carrière à la direction d'une ETI familiale avant de créer à l'étranger l'entreprise de production et de distribution de mobiliers, IDEA. En 2008, il fonde le cabinet de conseil OC6 et rejoint EUKLEAD et ses 21 associés en 2013. Au sein du réseau il y est en charge du développement des subventions et marchés publics.