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[Tribune] Gestionnaire de paie, un métier de rêve?

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Le cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half vient de publier son palmarès des postes les plus attractifs. En première position des "jobs en or": les gestionnaires de paie. Vraiment?

[Tribune] Gestionnaire de paie, un métier de rêve?

La paie devient de plus en plus complexe. Il n'est pas rare de recruter un bac+4 en informatique pour traiter la paie pour assumer cette mission. En effet, réaliser une paie nécessite de plus en plus de rapidité, mais aussi de vigilance au quotidien sur l'évolution des réglementations et sur l'analyse d'éléments anormaux, potentiellement dangereux pour l'entreprise.

De plus, le rythme mensuel laisse peu de temps pour analyser les fondamentaux du fonctionnement: il faut sortir une paie "la plus juste possible" tous les mois, quoi qu'il arrive. À l'inverse, la paie faisant partie des fonctions supports de l'entreprise, celle-ci n'est pas prête à aligner des salaires avec de nombreux chiffres pour trouver la perle rare.

Alors lorsque le cabinet de recrutement Robert Half parle de job en or se moquerait-il de nous?

IA, robotisation: un métier en pleine mutation

En fait peut-être pas... À condition d'intégrer dans la réflexion la profonde transformation de ce métier. En effet, certaines sociétés mettent à disposition des gestionnaires de paie: robotisation et intelligence artificielle.

La robotisation permet de manipuler et d'analyser dans le détail et quasi instantanément des masses de données normalement inaccessibles en un temps raisonnable à des gestionnaires de paie. Ceux-ci ne passent plus leurs journées à chercher des données, à les extraire du système de paie pour les charger dans Excel via des manipulations fastidieuses... Les gestionnaires disposent alors de valeurs précalculées à vérifier, de listes d'incohérences constatées par la machine ou même d'alertes sur le non-respect d'éléments réglementaires (par exemple le dépassement de la limite légale du temps de travail).

L'intelligence artificielle va encore plus loin dans le support au gestionnaire de paie: elle lui indique des éléments qui lui semblent anormaux et les textes, normes pour l'aider à vérifier ces éléments.

Par exemple des notes de frais qui paraissent peu crédibles par rapport à l'activité déclarée en paie - frais qui pourraient amener un redressement Urssaf.

Comment l'IA et la robotisation intègre-t-elles les services de paie?

L'IA est souvent (et c'est préférable) distribué via du SaaS (Cloud). La centralisation (des données et des jeux d'apprentissage) est en effet critique.

On retrouve donc les applications d'IA sous les 3 formes classiques du SaaS:

#1 - SaaS stand alone: le client s'abonne à un service qui fonctionne seul sans intégration avec l'environnement du client.

Exemple: Conciliator de Dhatim, Clustree

#2 - SaaS "add-on", le service vient compléter un logiciel déjà en place (ERP, CRM, Éditeur de Paie, ...). Les grands ISV, SAP, Oracle, Salesforce ont tous un store pour intégrer ces add-ons.

Exemple: Conciliator de Dhatim (Accord SAP)

#3 - PaaS, le service est une plateforme sur laquelle le client ou ses intégrateurs viennent développer des applications.

Exemple: Dataiku, IBM Watson

L'IA amène aussi un nouveau mode de distribution:

#4- Le chat bot: il s'agit d'un chat conversationnel en ligne qui amène de l'expertise (en répondant à des questions). On peut le trouver en stand alone (Siri en B2C, Juliedesk en BtoB) ou en add-on (Conciliator de Dhatim).

Enfin, il est important de faire la différence entre les produits intégrant de l'IA pour certaines fonctions périphériques (et optionnelles) et les produit "AI first" dont le service ne peut être rendu que par l'IA et dont le workflow est l'IA. C'est un peu comme comparer les fournisseurs d'auto radio et les fabricants de moteurs qui sont tous des fournisseurs du secteur de l'automobile. Beaucoup de sociétés parlent d'IA, toutes ne délivrent pas un produit AI first.

>> Lire la suite en page 2.

Xavier Gaulle