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Taxe sur les transactions financières : le lobby bancaire monte au créneau

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Les ministres des Finances ont annoncé l'instauration d'une taxe sur les transactions financières européennes, au grand dam des banques françaises qui redoutent les conséquences sur les entreprises.

Taxe sur les transactions financières : le lobby bancaire monte au créneau

Après des mois de tractations, la taxe sur les transactions financières (TTF) a été adoptée par les ministres des Finances de l'Union européenne le 6 mai dernier pour une mise en place le 1er janvier 2016 au plus tard. Elle concernera dans un premier temps les actions et certains produits dérivés. Inspirée du principe de la taxe Tobin (du nom de l'économiste américain, qui, dans les années 1970, voulait lutter contre le court-termisme des marchés financiers), la TTF doit contribuer à la fois à la régulation financière, au redressement des finances publiques et à la solidarité internationale.

Une perte de compétitivité pour les entreprises

Cette taxe européenne consisterait à taxer à 0,1 % les échanges d'actions et d'obligations et à 0,01 % ceux des produits dérivés. La valeur des produits financiers (titres de Bourse, matières premières, dettes d'Etat ou d'entreprises...) auxquels ils sont adossés représentait 550 000 milliards d'euros au premier trimestre au niveau mondial, dont 260 000 milliards d'euros en Europe. Et 7 % à 8 % seulement servent à des acteurs de l'économie réelle pour s'assurer contre des fluctuations de prix, le reste relevant de la spéculation financière.

Un poids qui suscite l'inquiétude des banques françaises qui estiment que cette taxe est " un mauvais coup pour les entreprises et la croissance en Europe ". Selon la Fédération des Banques Françaises (FBF), cette nouvelle taxe entraînerait en effet " une perte de compétitivité des entreprises françaises à l'heure où elles doivent développer le recours aux marchés financiers pour se financer et développer leurs investissements ". Elle entrainerait également des distorsions de concurrence pour la Place de Paris qui serait affaiblie au profit des autres places financières internationales.

L'enjeu est d'importance. Pour le lobby bancaire, la TTFE provoquera en effet la délocalisation de pans entiers d'activités financières vers Londres ou Singapour. La FBF rappelle que l'instauration de taxes nationales en France en août 2012 a déjà abouti à une baisse de 20% de volumes de transactions.