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Retards de paiement : les TPE montrent l'exemple

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Toutes les entreprises ne sont pas égales face aux délais de paiement. Mal équipées pour jouer du crédit fournisseur, les TPE sont les plus enclines à régler leurs factures en temps et en heure.

Retards de paiement : les TPE montrent l'exemple

Six ans après sa mise en oeuvre, le bilan de la loi de Modernisation de l'Economie, qui régule les délais de paiement, est plus que mitigé. La question des retards de paiement demeure un casse-tête pour les entreprises. Selon une étude d'Altares publiée le 10 janvier, la France fait figure de mauvaise élève par rapport aux autres pays européens. Moins d'une entreprise sur trois respecte ainsi la date d'échéance dans l'Hexagone contre 41% en moyenne en Europe.

Risque de défaut sérieux

Le groupe de services aux entreprises constate que les TPE font partie des plus consciencieuses en la matière. En fin d'année 2013, 43% des entreprises n'employant aucun salarié réglaient leurs fournisseurs sans aucun retard, souligne Altares. Un chiffre en augmentation de 4,2% par rapport à l'été. " L'entrepreneur individuel n'est pas armé, même s'il le souhaitait, pour jouer du crédit fournisseur ", analyse Thierry Millon, responsable des études chez Altares. " S'il dispose de la trésorerie suffisante, il paye ses factures. Dans le cas inverse, le retard de paiement peut vite déraper et dépasser le seuil de trente jours significatif d'un risque de défaut sérieux ", ajoute-t-il. Une fragilité qui se ressent dans les résultats de l'étude d'Altares, selon laquelle près de 7% des TPE reportent leurs paiements de plus d'un mois.

Les entreprises de 1 à 9 salariés donnent également des signes de légère amélioration, avec une baisse de 1% de la proportion de retards supérieurs à quinze jours. En revanche, pour les PME de 10 à 49 salariés, le taux de respect des dates de facture est resté stable sur la période. " Le début d'année est souvent l'occasion pour les entreprises de définir avec leurs partenaires bancaires les lignes de crédit dont elles auront besoin tout au long de l'année pour financer leur exploitation. L'absence d'amélioration des comportements de paiements des PME tend à montrer que l'assouplissement des conditions d'accès au crédit sera cette année encore au coeur des voeux exprimés par les PME ", estime Thierry Millon.

Bonnet d'âne pour les grandes entreprises

Sans surprise, les ETI et grandes entreprises sont les moins vertueuses : à peine 8% règlent leurs fournisseurs et sous-traitants dans les délais prévus. Selon Altares, cette tendance s'explique par la gestion du cash qui a poussé ces structures à se doter d'outils de pilotage de leur chaîne de facturation généralement plus sécurisés mais aussi plus contraignants.

La question des délais de paiement est d'autant plus cruciale qu'elle est souvent synonyme de défaillance. D'après l'étude d'Altares, à partir de trente jours de retard, la probabilité que le client dépose le bilan est multipliée par six. " Dans ces conditions, le fournisseur qui laisse déraper un délai de règlement accepte un transfert du risque du client vers sa propre entreprise ", relève le document. " L'accès au financement externe reste compliqué pour les TPE et les PME, la quête du cash doit s'installer dans chaque entreprise et cela commence par faire rentrer l'argent qui est dehors ", conseille Thierry Millon.