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La hausse des prélèvements suit un rythme plus rapide que celle de la compétitivité des entreprises

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Et cette hausse des prélèvements fiscaux et sociaux aurait contribué à une réduction significative de la capacité à investir selon une récente étude.

La hausse des prélèvements suit un rythme plus rapide que celle de la compétitivité des entreprises
L'excédent brut d'exploitation, qui correspond notamment à la capacité de l'entreprise à investir et à se financer, a chuté sur les dix dernières années. Tel est le constat d'une étude du cabinet KPMG publiée le 29 janvier. La part de l'EBE dans la valeur ajoutée produite a ainsi reculé de 3,6 points dans l'industrie et de 2,2 points dans les services sur la période selon cette étude, réalisée auprès d'un échantillon de près de 3 100 entreprises. La hausse des prélèvements sociaux explique 60% de cette baisse dans l'industrie, et 80% dans les services selon KPMG. Le solde provient de l'augmentation des salaires versés.

" Constat sans appel "

" L'accroissement des prélèvements obligatoires, particulièrement après le retournement de la conjoncture de 2008, a contribué à réduire les capacités d'investissement des entreprises ", synthétise Jacky Lintingnat, directeur général de KPMG France, cité dans le communiqué. Pour Elizabeth Ducottet, co-présidente d'ASMEP-ETI, " le constant est sans appel : les ETI sortent fragilisées par 10 années de hausse continue des prélèvements. Il y a urgence à stopper cette dynamique. Le tissu industriel et l'emploi de nos régions sont aujourd'hui menacés. "

Surtout, l'étude met en lumière le fait que la hausse des prélèvements suit un rythme plus rapide que celle de la compétitivité des entreprises. Ainsi, dans l'industrie, les prélèvements fiscaux et sociaux ont augmenté de 35% en dix ans tandis que la valeur ajoutée produite par salarié ne progressait que de 25%. La tendance est identique dans les services, où les prélèvements par employés ont augmenté de 34% contre une hausse de 27% pour la compétitivité.

" Fardeau fiscal "

Selon KPMG, la pression externe alliée à la pression fiscale semble avoir amené les dirigeants à arbitrer en défaveur des hausses d'effectifs pour préserver leur capacité d'investissement, voire leur pérennité. " Cette étude sur dix ans montre clairement que le déficit de compétitivité de nos entreprises provient pour l'essentiel d'un fardeau fiscal trop lourd. La hausse continue des impôts sur la période s'est faite au détriment de l'investissement et de l'emploi ", estime Philippe d'Omano, co-président d'ASMEP-ETI.