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Les ETI européennes vont devoir lever plus de 2400 Md€ dans les cinq ans

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Selon Standard & Poor's, les besoins de financement des ETI européennes vont croître dans les années à venir. Les marchés obligataires et de placements privés devraient prendre le relais face à l'érosion du crédit bancaire.

Les ETI européennes vont devoir lever plus de 2400 Md€ dans les cinq ans

D'ici fin 2018, selon Standard & Poor's, les ETI européennes vont devoir lever jusqu'à 2 100 milliards d'euros pour refinancer leur dette existante et entre 350 et 730 Md€ pour financer de nouveaux investissements. Soit un montant total estimé entre 2 400 et 2 800 milliards d'euros sur les cinq prochaines années.

Ce besoin émerge dans un contexte de désintermédiation du crédit. En effet, selon S&P, les ETI européennes auront tendance à recourir toujours moins au financement bancaire dans les années à venir. Tout d'abord parce que, soumises à la pression réglementaire, les banques réduisent la voilure : ces deux dernières années, la distribution nette de crédits bancaires aux entreprises a été négative sur l'ensemble de la zone euro (source BCE). Ensuite parce que les entreprises tendent de plus en plus à diversifier leurs sources de financement.

Deux défis

Dans ce contexte, des initiatives ont vu le jour notamment en France et au Royaume-Uni depuis un an pour développer les marchés obligataires et les marchés de placements privés. Des marchés clés pour les ETI qui ne sont pas encore prêtes à se lancer sur les marchés financiers mais doivent trouver des alternatives face à l'érosion du prêt bancaire. Dans l'Hexagone, l'Euro PP a représenté un volume de 3,9 Md€ l'an dernier, en hausse par rapport à 2012 (3,2 Md€).

Mais S&P voit deux défis majeurs dans le développement de ces sources de financements alternatives. Tout d'abord, le besoin de standardiser les transactions et les documents, de gagner en transparence, et d'assouplir la réglementation concernant les investisseurs institutionnels. Ensuite, la nécessité de faire émerger une demande de financement de la part des entreprises européennes, celle-ci étant jusqu'à présent essentiellement limitée à un besoin de refinancement.