Mon compte Devenir membre Newsletters

Allier performance économique et croissance responsable ? L'ambition de la finance éthique, expliqué par Alter equity

Publié le par

Fanny Picard est la fondatrice d'Alter equity, un fonds d'investissement dont le but est de soutenir une croissance responsable. Une exigence qui n'empêche en aucun cas la performance économique. Focus sur cette finance éthique.

Allier performance économique et croissance responsable ? L'ambition de la finance éthique, expliqué par Alter equity

Vous avez créé Alter equity, un fonds d'investissement éthique. Qu'entendez-vous précisément par " éthique " ?

Alter equity soutient des activités et des comportements fondamentalement respectueux de l'intérêt à long terme de la nature et des êtres humains, tout en recherchant un rendement attractif pour ses souscripteurs. Concrètement, nous visons un TRI de 10 %.

Notre fonds promeut un capitalisme que nous souhaitons éthique, en investissant dans des entreprises dont l'activité a un impact positif sur les personnes et / ou l'environnement. Il peut s'agir notamment d'éducation, de culture, d'employabilité ou de services à la personne. Mais encore d'efficacité énergétique, de recyclage, de produits bio ou de traitement de l'eau.

Nous posons comme condition que l'entreprise s'engage dans un progrès vers plus de responsabilité dans ses pratiques de gestion. Nous lui demandons un plan d'action dédié, que nous appelons business plan extra-financier.

Fanny Picard, fondatrice d'Alter equity


Comment mesurez-vous cette progression ?

Nous avons élaboré une liste de 80 critères extra-financiers. Au moment de notre investissement, nous demandons aux dirigeants de l'entreprise d'en choisir entre cinq et dix et de se fixer des objectifs de progrès sur un horizon de temps de l'ordre de cinq ans, comme pour un business plan financier.

Les critères proposés sont variés et recoupent des sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance. Il peut s'agir par exemple de mettre en place un entretien d'évaluation des salariés avec un compte-rendu écrit, d'augmenter la quote-part du coût de la mutuelle pris en charge par l'entreprise, de réduire les consommations d'énergie, de compenser les émissions de CO2, etc. Nous évaluons ces critères sur une base annuelle et à la cession de la participation. Tous ces critères ont en commun qu'ils sont faciles à évaluer, à interpréter, à vérifier et à communiquer.

Combien de projets soutenez-vous ?

Nous avons investi dans sept entreprises anticipant toutes une forte croissance - entre 30 % et 600 % par rapport à l'an dernier. Une seule a une prévision de CA de plus de 150 M€ cette année. Les autres se situent entre 2 et 15 M€ de CA et une dizaine de salariés en moyenne. Le fonds est doté de 41,5 M€ répartis en montants de 1 à 6 millions. Il nous reste environ la moitié du fonds à investir, ce qui devrait nous permettre de soutenir entre trois et sept projets supplémentaires d'ici deux ans. Parmi les projets que nous soutenons, on peut mentionner par exemple Green & Biz, leader français du reconditionnement d'iphones, ou OpenAirlines, éditeur de logiciel d'aide à l'éco-pilotage des avions permettant aux compagnies aériennes d'économiser 2 à 5% de kérosène par vol. Nous avons aussi investi avec Aster, fonds lié au groupe Schneider Electric, dans Eco GTB qui propose la meilleure offre en France en matière d'efficacité énergétique des bâtiments.

A propos de Fanny Picard: lire ici