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DossierLe point sur la blockchain

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2 - Utiliser la blockchain en entreprise: quelles difficultés?

Si les possibilités de la blockchain sont nombreuses, rares sont les entreprises qui ont déployé des projets d'envergure en la matière. Car cette technologie soulève également beaucoup de questions qui, pour l'heure, n'ont pas toutes trouvé leur réponse.

La blockchain est un concept très en vogue, mais pour l'heure, son déploiement dans les entreprises reste encore marginal. Premier point de blocage: la blockchain, telle qu'elle est apparue avec le bitcoin, est basée sur une absence totale de gouvernance. Or, difficile pour une entreprise privée d'imaginer mettre en place un registre, certes sécurisé par un jeu de clés cryptographiques, mais qui serait accessible librement, et pourrait donc être lu par n'importe qui. Et pour l'heure, sur le plan juridique, la blockchain n'est pas encore définie.

Sur la définition légale et la réglementation de la blockchain, consultez les articles "Blockchain: l'État prend en main la gestion des titres non cotés" et "La blockchain en voie de normalisation"

D'où l'apparition des blockchains privées, c'est-à-dire des registres permettant le stockage et la transmission d'informations de manière sécurisée et décentralisée, mais avec un système de permission d'accès, de lecture et de vérification plus strict, réservé à un réseau restreint. On parle aussi de Distributed ledger technology (DLT). Les blockchains de consortium, mix entre privé et public qui regroupent plusieurs acteurs, font également l'objet d'expérimentations. Un point commun à ces deux technologies: réinjecter un minimum de gouvernance là où il n'y en avait aucune... On s'éloigne beaucoup, donc, de l'esprit originel de la blockchain.

La question du type de données qui peuvent être stockées se pose également: les informations placées dans une blockchain sont conservées sans limitation de durée, alors que le RGPD (voir notre dossier complet sur le sujet) impose le principe de conservation limitée des données à caractère personnel. Impossible, donc, de conserver dans une blockchain des données personnelles en elles-mêmes. En revanche, la preuve que ces dernières ont été validées, par exemple, pourrait y être sauvegardée.

Recruter pour développer un projet blockchain: oui, mais...

Autre difficulté: la technologie est récente, et de ce fait, les (vraies) compétences se font rares... et sont très demandées. Trouver des profils techniques suffisamment pointus pour mettre en place des POC (Proof of concept) est loin d'être évident. D'autant plus que la technologie blockchain n'est pas encore arrivée à maturité et est encore en phase de R&D.

Pour l'heure, compte tenu des contraintes réglementaires et des questions de confidentialité, les entreprises expérimentent surtout sur les possibilités d'automatisation et de validation qu'offre la blockchain, bien que le champ des possibles soit plus vaste. Le stockage des données en elles-mêmes, et surtout leur analyse, sont encore assurés par des dispositifs classiques, la technologie blockchain venant en complément.


Retrouvez cet article sur : www.daf-mag.fr - "Quel sera l'impact de la blockchain dans les entreprises"

Blockchain privée: dans quels cas y recourir?

Pour l'heure, les blockchains privées sont celles qui attirent le plus les entreprises, qui ne voient pas toujours comment déployer leur activité dans une blockchain publique comme Bitcoin ou Ethereum. Mais la mise en place d'un tel projet doit répondre à des cas d'usage précis, impliquant surtout la gestion de grands volumes de données partagés par plusieurs participants indépendants.

Pour Sébastien Couture, directeur marketing de Stratumn, société spécialisée dans la mise en place de blockchains, un projet pour lequel une blockchain privée constitue une solution pertinente doit répondre à 3 critères-clés:

  • un processus numérisable interorganisation,
  • la réunion de participants ayant entre eux une confiance limitée,
  • et le besoin de partager certaines informations et d'en masquer d'autres.

Dans nombre de cas, une simple base de données sera suffisante, et le recours à une blockchain ne se justifiera pas.

Pour l'heure, ce sont surtout les grands groupes, comportant de nombreuses filiales, notamment dans les secteurs de la banque, de l'assurance ou encore de l'énergie, qui lancent des expérimentations.

La rédaction

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