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L'AUTOPARTAGE, UNE PISTE INTERESSANTE POUR OPTIMISER SA FLOTTE AUTO

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L'autopartage est devenu une réalité pour le grand public, beaucoup moins pour les entreprises. Pourtant, le concept comporte des atouts pour optimiser sa flotte sur les plans financier, social et environnemental, surtout si l'on prévoit un double usage, professionnel et privé. Explications.

@ © yamix - Fotolia.com

La pratique de l'autopartage n'a rien de nouveau. Il fut notamment utilisé en masse dans les pays de l'Est durant les années 1950, et de nombreuses entreprises l'ont mis en place aux Etats-Unis depuis une dizaine d'années. En France, le concept est seulement évoqué du bout des lèvres par les managers. Certes, quelques grandes villes (dont Paris avec Autolib') ont déployé ce service pour le grand public, mais rares sont les entreprises qui se sont lancées dans l'aventure: une trentaine tout au plus (dont Bosch, L'Oréal, Sodexo, Vinci Facilities).

UNE ALTERNATIVE A LA LOCATION COURTE DUREE

L'autopartage se traduit par la mise en commun d'une flotte de véhicules (utilitaires ou voitures particulières) entre plusieurs personnes. On parle d'autopartage mutualisé dans le cas d'un usage public, à commencer par les grandes agglomérations françaises. L'autopartage dédié est, quant à lui, proposé par les entreprises privées, à destination des collaborateurs, soit à titre professionnel (durant les heures de travail), soit à titre privé pour un usage le soir et/ou le weekend. «Cette flotte, mise à la disposition des salariés dans le cadre de leur mission, se substitue à l'utilisation d'un parc hors flotte (taxi ou location courte durée) dans les entreprises», précise Philippe Brendel, président de l'Observatoire du véhicule d'entreprise. Le principe est simple: il consiste à acheter ou à louer un véhicule (généralement sur une longue durée), auquel est ajoutée une série de services permettant le partage d'un véhicule avec plusieurs collaborateurs.

Le mode d'emploi de ce dispositif, selon Carbox, société spécialisée dans l'autopartage en entreprise, se déroule comme suit: le collaborateur s'inscrit au service et prend possession d'une carte (qui peut être celle du parking de l'entreprise). Celle-ci est programmée à partir de son numéro de fabrication. Grâce à un login et un mot de passe, le collaborateur se connecte sur le site web pour effectuer sa réservation. Il stipule si le déplacement est personnel (facturé) ou professionnel. Il bloque un certain nombre d'heures et reçoit un e-mail de confirmation. Il peut alors ouvrir la voiture, grâce à sa carte, reconnue par un boîtier situé à l'intérieur du véhicule. Les clés sont généralement situées dans la boîte à gants. Face au moindre souci constaté (bris de glace, pneu crevé, rayure, etc.), il est possible de joindre le service clients depuis l'intérieur du véhicule. L'assurance et l'entretien sont pris en charge par le prestataire.

UN USAGE A TITRE PROFESSIONNEL, VOIRE PERSONNEL AUX BENEFICES PROTEIFORMES

L'objectif de l'autopartage est d'abord financier puisqu'il s'agit de réduire les coûts hors flotte (taxi, location courte durée, indemnités kilométriques). S'il n'est pas possible de quantifier avec précision les gains économiques, certaines estimations existent. Selon les acteurs interrogés, l'autopartage permettrait en effet d'économiser près de 50 % sur le taxi, 30 % sur la location courte durée et 15 à 20 % sur les indemnités kilométriques.

En outre, l'autopartage, via son système de réservation et de gestion, permet une analyse très fine de son usage, comme le précise Benoît Chatelier, fondateur associé de Carbox: « L'employeur possède une bonne visibilité sur le service déployé: le temps utilisé pour chaque véhicule, les parcours effectués, les heures de remise de la voiture, etc. Fraude et autres usages non justifiés sont ainsi évités. »

Un gain économique, certes, mais également social puisque l'autopartage peut être «ouvert» à un usage privé. Le collaborateur peut ainsi louer le véhicule de son entreprise, à des tarifs inférieurs à ceux d'un loueur classique (environ 10 Euros entre 19 heures et 7 heures). En prenant possession du véhicule sur son lieu de travail, le salarié s'évite le déplacement chez un loueur. Outre le gain pratique évident, l'entreprise y trouve son compte sur le plan financier, puisque l'argent récupéré de la location vient en déduction du coût total de la flotte déployée en autopartage. Sans oublier d'évoquer l'aspect «abusif» de certains usages liés aux véhicules de fonction. «L'autopartage, dans son utilisation privée, permet d'éviter les abus sur les avantages en nature dont bénéficient les collaborateurs lorsqu'ils roulent avec les véhicules de fonction, dans le cadre d'un usage privé le week-end», concède Louis Marmillon, fondateur associé d'Evolfleet Consult, spécialisé dans l'audit lors de la mise en place de l'autopartage.

Finalement, face à ces nombreux atouts, il est difficile d'expliquer le peu d'engouement des entreprises françaises pour l'autopartage. Il semblerait qu'il soit fastidieux à mettre en place en raison d'un long

processus d'explication et d'évangélisation du concept en interne. Et puis, la France semble confrontée à un problème de mentalité où le partage d'un véhicule n'est pas considéré comme un «geste» naturel. Une mentalité qui devrait néanmoins évoluer rapidement.»

A NOTER

Les principaux acteurs:
Deux grandes familles d'acteurs sont présentes: celle qui vise le B to B et celle qui cible le grand public.
- Famille B to B: ALD Automotive, Arval, Carbox, Hertz On demand ;
- Famille grand public: Mobizen, France Autopartage, Avis On demand.

BENOIT GOFFAUX, directeur relation fournisseurs d'Alma Consulting Group

BENOIT GOFFAUX, directeur relation fournisseurs d'Alma Consulting Group

CAS PRATIQUE. Alma Consulting Group met huit véhicules en autopartage

Un projet innovant, c'est le moins que l'on puisse dire, pour qualifier l'opération autopartage mise en place en 2009. Même si peu de personnes connaissent, à l'époque, l'existence de ce concept en France, Benoît Goffaux, le directeur relation fournisseurs, n'en a cure et tente l'expérience.
Rappel des faits. En 2009, la flotte automobile d'Alma Consulting rassemble près de 300 véhicules de fonction et une quinzaine de voitures en «pool», autrement dit, en libre accès. «Ce parc pool était compliqué à gérer, et très chronophage, tout en sachant que les 15 voitures n'étaient pas utilisées à 100 %», explique le directeur relation fournisseurs. Contacté par Carbox, Benoît Goffaux est séduit par les atouts du concept: une bonne écoute du besoin du client, une transparence des coûts, une solution logicielle bien pensée et un parc de véhicules attrayant.
L'expérience démarre avec deux véhicules sur un an, une Mini et une Fiat 500. «L'objectif principal étant de réduire notre parc de véhicules en pool», précise le directeur relation fournisseurs.
L'opération comprend non seulement un usage professionnel, mais également un usage privé les soirs et week-end pour un tarif de 10 Euros pour 20 km, 12 Euros pour 50 km (essence et assurance incluses).
La facture par véhicule varie de 500 à 700 Euros par mois. Dès les premiers six mois de l'opération, deux véhicules supplémentaires ont été commandés, pour arriver à un total de huit (dont un électrique). L'adhésion des collaborateurs est immédiate en raison, notamment, d'une grande facilité lors de la réservation et de l'aide apportée par Carbox lors de la prise en main du véhicule (mise en relation téléphonique avec un conseiller)
Autre avantage: l'équipement technologique des voitures permet à Carbox d'avoir une visibilité sur l'état et le comportement «en live», ainsi que sur l'entretien des véhicules. L'entreprise n'a donc pas à se soucier de ce type de contingences. Outre le gain économique (plus de 5000 Euros sur un an, comparé à un parc de 15 voitures en pool), l'autopartage a su apporter un confort en termes de réservation et d'utilisation, au point de fédérer un nombre d'utilisateurs croissant (+ 20 % depuis le lancement)


REPERES
Raison sociale: Alma Consulting Group
Activité: Conseil opérationnel en optimisation des coûts
Forme juridique: SAS
Dirigeant: Vincent Taupin
Daf: Pascal de Thomasson
Effectif: 1700 salariés
CA 2011: 261 millions d'euros

Mot clés :

POUPONNOT JEROME